Tensions au sein de la famille : à quel moment faire appel à la médiation familiale ?

Chaque famille a son organisation et ses habitudes. Faire face à la dépendance d'un proche du fait d'un handicap, d'une maladie ou de son vieillissement peut bouleverser l'équilibre et créer des tensions familiales. Dans certains cas, la médiation familiale peut aider les membres de la famille à construire des solutions ensemble.

Tensions familiales et médiation familiale

SOMMAIRE
- Quand la perte d'autonomie bouleverse l'équilibre familial
- Une bonne communication pour avancer ensemble
- Trouver des solutions avec la médiation familiale

 

Quand la perte d'autonomie bouleverse l'équilibre familial

En tant qu'aidant familial, vous vous posez beaucoup de questions pour savoir comment gérer la perte d'autonomie de votre proche : 

  • Vous vous occuper seul d'un proche et aimerez avoir du soutien des autres membres de votre famille ?
  • Vous avez un différend lié au patrimoine ?
  • L'entrée d'un proche en établissement créé des discordes ?
  • Comment mettre tout le monde d'accord sur l'organisation du maintien à domicile d'un proche dépendant ?
  • Votre proche refuse l'aide que vous lui apportez ou n'est pas d'accord avec les choix que vous faites en tant qu'aidant ?
  • Des problèmes de communication vous empêchent de trouver des solutions ?
  • Des désaccords au sein de l'entourage du proche sont néfastes pour son bien-être ?

 

Ces situations peuvent être source de tensions ou de déchirement au sein d'une famille. Afin d'apporter le meilleur accompagnement possible à votre proche, apprenez à faire équipe tous ensemble. Nous vous proposons une liste d'astuces qui vous aideront à apaiser les tensions.

 

 

Une bonne communication pour avancer ensemble

Pour régler tout conflit, la meilleure solution est la communication. Pour commencer, il est nécessaire d’être au clair avec soi-même avant de communiquer avec l’autre. Le message que vous lui transmettrez sera ainsi plus compréhensible et la communication efficace et constructive.

Nous vous proposons de découvrir la méthodologie de la communication non violente qui a été conceptualisée par Marshall B. Rosenberg. C'est un langage basé sur la bienveillance et l'empathie qui repose sur 4 piliers dits OSBD : Observation, Sentiment, Besoin, Demande.

Observer : décrire la situation

Cette étape d'observation consiste à décrire la situation uniquement sur des faits, sans jugement, évaluation ni interprétation. Ainsi, ne dites pas « tu es en retard » mais « nous avions rendez-vous à 13h, il est 13h30 ». Cette formulation évite que votre interlocuteur se sente agressé.

Sentiments : mettre des mots sur nos émotions

Le conflit se définit comme une opposition de sentiments, d'opinions, d'intérêts. Pour résoudre un conflit, ou l'éviter, il faut exprimer ce qu'il se passe en nous, extérioriser ses émotions. Pour cela, il convient d'exprimer ses sentiments et attitudes en employant le "je". Par exemple, « ton comportement m’énerve» devient dans ce cas « Je me sens inquiet(e) ».

Besoins : identifier et exprimez vos besoins

Dans une situation de conflit, il est primordial d'énoncer ses besoins satisfaits et insatisfaits. L'enjeu est d'identifier le besoin qui se cache derrière vos sentiments. Dans notre exemple, la phrase « Je m'inquiète parce que ça arrive tout le temps » devient ainsi « Je m'inquiète parce que j’ai besoin de pouvoir te faire confiance et de savoir qu’il ne t’est rien arrivé ».

Demande : formuler une requête

Après avoir fait le point sur ses sentiments et ses besoins, vous pouvez entrer en contact avec l’autre, à la fois en exprimant votre réflexion mais surtout en prenant le temps d’entendre ses sentiments et besoins.

L'expression de votre demande doit toujours être : réalisable, concrète, précise et formulée positivement. Si cela est possible, l'action doit être réalisable dans l’instant présent. Pour finir notre exemple, ne dites pas « La prochaine fois, sois à l’heure! » mais plutôt « Et j’aimerais que tu arrives à l’heure la prochaine fois, ou au moins que tu me préviennes que tu ne seras pas à l’heure ».

 

Quelques conseils pour formuler votre demande :

  • Restez neutre : décrivez vos observations, les faits, en insistant sur le fait que votre point de vu est objectif.
  • Chacun doit exprimer ses sentiments et ses besoins : demandez ce que les autres ressentent, essayez de comprendre leurs points de vue et leurs difficultés.
  • Ne pas braquer vos interlocuteurs : évitez d'utiliser un ton trop directif et de commencer vos phrases par "tu es" ou "vous êtes", de manière à éviter que votre message soit perçu comme une critique, un jugement et qu'il soit alors rejeté.
  • Une demande, et non une exigence : les autres personnes peuvent très bien refuser votre demande, posez les bases d'une négociation souple.

Il ne faut pas oublier que le but n’est pas de déterminer un responsable et une victime de ce conflit, mais bien d'être acteur pour le résoudre. Il s'agit de trouver des solutions permettant le bien-être de tous. Il est donc nécessaire de comprendre les besoins de chacun avant d'exprimer votre demande pour pouvoir avancer ensemble.

 

 

Trouver des solutions avec la médiation familiale

A quel moment se faire accompagner par un tiers ?

Si vous ou vos proches avez des difficultés à exprimer ses propres besoins, l’aide d’un professionnel peut alors vous aider à avancer, grâce à son statut de tiers extérieur au conflit et neutre.

 

Le professionnel peut ainsi aider votre proche dépendant à évoquer certaines interrogations, qu'il ne peut parfois pas aborder en famille :

  • j’ai peur d’aller en maison de retraite, de ne pas m’adapter
  • le coût d'une place en établissement est élevé ; et si je ne pouvais plus payer ?
  • j’ai envie de parler de tout ça avec ma famille, mais j’ai peur de les inquiéter davantage ou qu’ils ne me comprennent pas.
     

Et il peut également accompagner l'entourage familial :

  • j'ai peur de ne pas y arriver avec mon proche, de manquer de patience
  • j’ai peur que tout repose sur moi
  • j’ai envie de parler de maison de retraite avec mon parent, mais j’ai peur de le blesser, de l’effrayer
  • ça me fait de la peine de voir vieillir mon père (ou ma mère)
  • je me sens coupable de faire entrer mon parent en maison de retraite
  • j’ai peur que mon frère ou ma sœur ne soit pas d’accord
  • j’aurais besoin d’en parler en famille

 

Le tiers extérieur vous aidera pour comprendre comment évoquer ces questions et y répondre ? Comment anticiper ce qui va arriver ? Comment préparer une entrée en maison de retraite, en famille, afin de ne pas être pris dans une situation d’urgence ? Comment respecter le parent âgé qui refuse d’entrer en maison de retraite, alors qu’il y a des risques au domicile ou mésentente familiale ? Comment se libérer du poids des peurs, de la culpabilité, en ayant un dialogue constructif avec le parent âgé ?

 

Dans ces moments-là, la capacité de la famille à dialoguer et à s’entendre est fondamentale pour créer un climat de sécurité et de « bientraitance » autour du parent âgé. A ce stade, la médiation est une réelle opportunité pour réfléchir en famille à comment accompagner au mieux son parent âgé en respectant la place de chacun, que ce soit à domicile ou en maison de retraite. La médiation familiale permet donc d’instaurer un dialogue, afin que chacun puisse exprimer ses souhaits, ses préoccupations, ses contraintes et envisager l’avenir ensemble.

 

Qu'est-ce que la médiation familiale ?

La médiation reste peu connue des familles en situation de conflit face à un proche fragilisé, car elle est surtout associée aux conflits de relations conjugales. Pourtant, la médiation permet de prévenir ou dénouer des tensions liées à la dépendance d'un proche.

Médiation familiale : quelle définition ?

« C'est un processus de construction ou de reconstruction du lien familial axé sur l’autonomie et la responsabilité des personnes concernées par des situations de rupture ou de séparation dans lequel un tiers impartial, indépendant, qualifié et sans pouvoir de décision – le médiateur familial – favorise, à travers l’organisation d’entretiens confidentiels, leur communication, la gestion de leur conflit dans le domaine familial entendu dans sa diversité et dans son évolution ». Définition du Conseil national consultatif de la médiation familiale, 2003

 

Dans quel cas la médiation familiale peut être utile ?

Les situations de tensions liées à un proche dépendant sont généralement issues de deux problématiques : l'organisation du maintien à domicile d'un proche avec notamment les services d'aide à la personne, ou l'entrée en maison de retraite ou établissement adapté. On pense à la médiation lorsque la situation familiale est très compliquée. Or, on peut aussi faire appel à la médiation dès lors que vous rencontrez des difficultés à dialoguer entre vous ou à prendre une décision ensemble. Faire intervenir un tiers neutre, dans des échanges familiaux peut permettre de faire avancer la situation.

 

BON A SAVOIR

La médiation repose entièrement sur le lien, la parole et le dialogue. Dans certains cas où la prise de parole est trop sensible ou trop douloureuse, le médiateur pourra renvoyer les personnes en thérapie familiale.

 

Quel est le processus de médiation familiale ?

Le médiateur familial agit en tant que tiers extérieur et expert du conflit pour vous aider à renouer le dialogue et élaborer des solutions concrètes d'organisation au sein de votre famille.

 

Premier temps : entretien préalable
Ce premier entretien, individuel ou collectif, permet de faire connaissance, d'informer sur le processus de la médiation et d'échanger sur la situation pour vérifier la pertinence de la médiation par rapport aux besoins de la famille.

 

Deuxième temps : les séances de médiation
Le processus de médiation débute par plusieurs entretiens individuels, puis des entretiens collectifs, toujours sur la base du volontariat. Chaque membre de la famille peut alors s'exprimer : quels sont ses besoins ? quels sont ses ressentis ? quelles sont les sources des tensions familiales ?

 

Le médiateur va amener les membres de la famille à travailler dans l’intérêt de la personne accompagnée en élaborant des solutions qui viseront son bien-être et sa dignité. Evidemment, si la situation de votre proche le permet, il sera nécessaire qu’il participe au processus de médiation.

Ainsi, à l'issue de la médiation, vous aurez définit ensemble vos modalités d'organisation, de relation et vous aurez pris les décisions nécessaires pour votre proche en situation de dépendance. Si vous le souhaitez, ces accords pourront être rédigés avec le médiateur familial et transmis à leur avocat ou au juge pour décision de justice.

 

BON A SAVOIR

• les entretiens sont strictement confidentiels
• le médiateur reste toujours neutre, il ne prend pas position
• la médiation implique le consentement libre de chaque parti

 

Combien coûte le service d'un médiateur familial ?

Au sein de structures indépendantes : Les honoraires sont libres et communiqués par le médiateur.

Au sein de structures et associations conventionnées : la participation financière est fixée en fonction de vos revenus (un barème national établit par la CNAF est appliqué). Le coût d’un entretien varie de 2€ à 131€.

Pour chaque entretien, vous paierez le même prix quelle que soit la durée de l’entretien (cela ne vous coûtera pas plus cher si vous parlez plus longtemps).

 

BON A SAVOIR

L'entretien préalable est gratuit.

 

Comment trouver un médiateur ?

Pour trouver le service disponible le plus proche de chez vous, vous pouvez vous adresser à :

 

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