L’accident vasculaire cérébral (AVC) et la perte d’autonomie

Deuxième cause de décès en France, l’AVC est aussi l’un des principaux facteurs de la perte d’autonomie des personnes âgées. Voici comment prévenir, repérer et agir contre l’accident vasculaire cérébral et ses séquelles.

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Plus exposées, moins bien armées pour s’en remettre : les personnes âgées sont les principales victimes des accidents vasculaires cérébraux (AVC). Si vous accompagnez un proche âgé, il est donc crucial de comprendre précisément de quoi il retourne, de savoir s’il présente un profil à risque, et d’être informé sur la meilleure façon de prévenir l’accident - ou de réagir s’il survient malgré tout.

Qu’est-ce qu’un AVC ?

Comme son nom l’indique, l’accident vasculaire cérébral consiste en un défaut du système de circulation du sang (système vasculaire) dans la région du cerveau (cérébral). Faute d’irrigation sanguine, et donc d’alimentation en oxygène et en nutriments, les cellules nerveuses concernées meurent.

Il existe deux types d’accidents vasculaires cérébraux : l’AVC ischémique, et l’AVC hémorragique.

L’AVC ischémique (ou infarctus cérébral)

L’AVC ischémique représente 80% des accidents recensés. Il est causé par un caillot de sang, qui obstrue une artère du cerveau : c’est pour cela qu’on parle aussi d’infarctus cérébral.

La principale cause de formation de ce caillot est l’athérosclérose : l’accumulation de dépôt de cholestérol sur la paroi des artères cérébrales. Ce dépôt va peu à peu durcir, rétrécir le diamètre de l’artère et favoriser la formation du caillot. Parfois, c’est un fragment de cette plaque qui va se détacher et boucher l’artère.

Autre cause possible : la formation d’un caillot hors du cerveau, mais que la circulation sanguine va faire voyager jusqu’au cerveau. Les personnes qui souffrent de fibrillation auriculaire (battement rapide et irrégulier du cœur) peuvent en particulier être concernées par ce cas de figure.

L’AVC hémorragique (ou hémorragie cérébrale)

Dans un cas sur cinq, on a affaire à un AVC hémorragique, ou hémorragie cérébrale. C’est alors la rupture (ou l’éclatement) d’une artère qui provoque le saignement et l’accident vasculaire cérébral.

L’hypertension artérielle (HTA, tension artérielle élevée) constitue la cause numéro 1 des AVC hémorragiques. Mais il en existe d’autres : anévrisme (dilatation anormale de l’artère, qui peut alors se rompre) et malformation.

AVC : quelles conséquences pour une personne âgée ?

L’accident vasculaire cérébrale est un véritable fléau de santé publique. Il représente en effet :

  • la seconde cause de décès : sur 150 000 cas recensés chaque année, 30 000 personnes décèdent des suites d’un AVC,
  • la première cause de handicap acquis de l’adulte (donc hors handicap de naissance),
  • la seconde cause de démence.

Parmi celles qui survivent à un AVC, on estime que 6 personnes sur 10 récupèrent une indépendance fonctionnelle (et peuvent donc vivre de façon autonome). Et donc que 4 victimes sur 10 en gardent des séquelles importantes, et deviennent dépendantes.

 

Au-delà du risque mortel, ce sont donc les séquelles à long terme d’un AVC qui posent problème. Notamment pour les personnes âgées, qui sont les plus touchées (3 accidents sur 4 touchent des personnes de 65 ans et plus), et les moins bien armées pour se remettre d’un AVC.

Équilibre, mémoire, motricité : les principales séquelles

D’après l'Institut National de Veille Sanitaire (INVS), les séquelles d’un AVC peuvent être très diverses. Quelles sont les principales difficultés relevées par les personnes souffrant d’une séquelle ?

  • Les troubles de l’équilibre (la moitié des cas),
  • Les troubles de la mémoire (42%),
  • Des difficultés motrices sur un ou plusieurs membres (37%),
  • Des troubles du langage (34%).

Les troubles visuels, les pertes de sensibilité, l’incontinence urinaire et les troubles de la déglutition suivent ensuite dans la liste des conséquences les plus fréquentes d’un AVC.

En fonction de la zone du cerveau touchée, et de la durée qui s’est écoulée entre l’AVC et son traitement, les séquelles vont donc différer, se révéler plus ou moins lourdes, voire se combiner.

Irritabilité, dépression, démence : des troubles psychologiques fréquents

Outre leurs suites physiques, infarctus et hémorragies cérébraux peuvent avoir des conséquences sur le moral, et la santé mentale. La dépression touche par exemple 30% des patients ayant déclaré des séquelles.

Variations de l’humeur et changement de personnalité, irritabilité, fatigue… sont aussi fréquentes. Or non seulement elles compliquent la vie du malade (et des proches aidants qui l’accompagnent au quotidien !), mais elles rendent plus difficile la guérison et le retour à une vie “normale”...

Enfin, un AVC peut potentiellement causer des épilepsies et aggraver le risque de déclin cognitif et de démence chez les personnes âgées.

Comment minimiser les risques d’AVC ?

Tout le monde n’est pas égal devant le risque d’AVC. Certains facteurs sont héréditaires, ou liés à l’âge, et sont donc à surveiller. Sur d’autres, vous pourrez en revanche agir.

Les facteurs de risque “inévitables”

Le risque d’AVC augmente, on l’a vu, avec l’âge. Après 50 ans chez l’homme (et 60 ans chez la femme), il s’agit donc d’être attentif.

De même, le risque pour votre proche sera plus élevé si :

  • un parent proche (parents, frères et sœurs) a subi un accident vasculaire cérébral avant 45 ans,
  • un parent a présenté un infarctus du myocarde ou autre maladie cardiovasculaire : avant 55 ans chez le père ou un frère, et 65 ans pour sa mère ou un sœur, c’est un signal de vigilance.

Les facteurs de risque sur lesquels vous pouvez agir

Parmi les facteurs de risque qui se traitent (ou se corrigent), on trouve notamment les principales causes de survenue des AVC ischémiques et hémorragiques  :

  • l’hypertension artérielle (HTA) : 20% des personnes ne prennent pas de traitement, et 50% des personnes traitées le sont insuffisamment…
  • la fibrillation auriculaire, qui peut se traiter par médicaments (anti-arythmiques ou anticoagulants) ou intervention médicale
  • le taux élevé de cholestérol, qui peut se corriger en changeant son mode de vie, et par des médicaments hypolipémiants si nécessaire

D’autres facteurs sont liés au style de vie :

  • le tabagisme, qui multiplie par deux les risques d’AVC
  • l’obésité et le surpoids
  • le manque d’activité physique et la sédentarité
  • l’alcool

Votre plan “anti-AVC” : comment prévenir l’accident ?

Minimiser les “risques” que votre proche subisse un accident vasculaire cérébral, et empêcher la récidive, va donc passer par :

  1. Organiser un suivi médical régulier : prise régulière des traitements médicamenteux, suivi de la pression artérielle, réalisation d’une prise de sang annuelle et consultation régulière du médecin traitant.
  2. Adapter son mode de vie : une alimentation plus saine et équilibrée (moins de sel, de sucre, de gras…), l’arrêt du tabac et la vigilance sur l’alcool (qui augmente la pression artérielle et diminue l’efficacité des médicaments)...
  3. Favoriser une activité physique régulière et adaptée à l’état de santé : les exercices d’endurance tels que la marche, la natation, la gymnastique, le vélo, l’aquagym, le yoga sont hautement recommandés.

 

Que faire en cas d’AVC ?

Malgré toutes vos précautions, un accident vasculaire cérébral peut survenir. Il se déclare souvent brutalement, et dans ces cas-là, la rapidité de réaction est cruciale.

AVC : quels sont les signaux d’alerte ?

Les troubles moteurs, de l’équilibre et de la vision, les difficultés d’élocution et les maux de tête font partie des signes qui doivent vous alerter :

  • Paralysie d’un ou plusieurs membres, difficulté à se servir d’une main, déformation brutale du visage, tremblement localisé,
  • Troubles moteurs : difficulté à marcher, vertiges, chutes, évanouissements, engourdissements, picotements au niveau du visage,
  • Vision : image double, perte momentanée de la vision d’un œil,
  • Élocution: perte des mots,  phrases incompréhensible, difficultés à articuler, à s’exprimer, incompréhension soudaine,
  • Maux de tête violents et persistants, non soulagés par un antidouleur, nausées, vomissements.

Plus difficile encore à répérer, l’Accident Ischémique Transitoire (AIT) est une sorte de “mini-infarctus cérébral”, dont les symptômes disparaissent dans les 24 heures. Il constitue potentiellement un signe avant-coureur d’un “vrai” AVC.

Comment réagir en cas d’AVC ?

En cas d’AIT ou d’AVC, les secours doivent être alertés le plus rapidement possible. Les médecins et organismes de santé recommandent unanimement d’agir vite : en clair, mieux vaut appeler les secours “pour rien” qu’attendre… On estime en effet que 4h30 après le début de l’AVC, il est trop tard pour revasculariser le cerveau

En revanche, plus le traitement commence vite, plus les lésions cérébrales pourront être limitées. Et plus tôt le patient est aiguillé vers une cellule spécialisée (Unité neuro-vasculaire), mieux c’est : la prise en charge d'une victime d'AVC par ces unités neuro-vasculaires réduit de 30% la mortalité et la dépendance.

Vous savez que votre parent présente un profil “à risque” et vous pensez reconnaître le symptôme d’un AVC ? Composez le 15 pour joindre le SAMU sans attendre.

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